Compte-rendu Sortie algues

Publié le par Martin

Algues de l'estran d'Argenton en Landunvez

Dune de Saint Gonvel

 

Pour aller voir les algues de l'estran, il faut marcher... Et souvent on trouve le sol moelleux. Pourquoi ? Ben tout simplement parce que l'on marche sur les touffes moelleuses d'Arméria maritima tiens !

On peut également rencontrer, planqué dans les rochers, Crithmum maritimum (ou Criste marine).

 


Mais les algues ? Elles sont où ? Encore un étage et on y arrive !

 

Au dessus de l'estran (zone supralittorale)

Dans cette zone, on ne trouve pas d'algues. Il faut dire que cette zone n'est pas du tout immergée.

Par contre on trouve des lichens. Les plus connus étant Ramalina siliquosa (le chouflu gris) et Xanthoria parietina (le jaune).

 


On trouve aussi en abondance mais plus bas, le lichen qui en a marre qu'on le confonde avec des reliquats de marée noire : Verrucaria maura.

On arrive à l'étage des algues (c'est pas trop tôt dirait les râleurs...).

 

Haut de l'estran : PMME – PMVE (zone médiolittorale)

 

Des algues ! Mais ici c'est que les dures à cuire. Protection maximale contre la déssication pour Pelvetia canaliculata qui vit en haut de l'estran et forme une limite étroite et assez nette. Son blindage lui permet de resister à plusieurs jours hors de l'eau lors des périodes de mortes-eau, il devient alors complétement cassant mais il ne meurt pas. Par contre, une immersion trop longue lui est fatale ! Un comble pour une algue !

 

 

Plus bas, on trouve de l'algue, de la vraie. Fucus spiralis domine cette partie de l'estran. On rencontre également d'autres algues mais ce sont des intruses du milieu de l'estran. D'ailleurs beaucoup d'intrusions de ce genre sont à signaler entre les différentes parties de l'estran.

 

Milieu de l'estran : Mi-marée – PMME

Dans cette partie de l'estran, où les algues sont dans l'alternance immersion/émersion, s'étends des champs denses de Fucus vesiculosus et d'Ascophyllum nodosum. Ascophyllum nodosum est une planquée. Elle n'aime pas les vagues et laisse gentillement les rochers battus par les flots au fier Fucus vesiculosus. Malgré tout, dans certains coins, Fucus vesiculosus est tellement exposée aux assauts de la mer qu'il y perd ses vésicules et arbore alors un thalle ridicule. On le nomme dans ce cas le Fucus vesiculosus (variété) evesiculosus (nom sûrement péjoratif chez les algues).

Par contre, dans des recoins abrités, non conquis par l'Ascophyllum nodosum, le Fucus vesiculosus est munis de nombreux vésicules pour coller au mieux à la surface lors de la marée haute et ainsi jouir des rayons du soleil.

 

 

On trouve aussi une algue semi-parasite dans le coin, autant dire une algue pas spécialement appréciée par ses congéneres et particulièrement pas par Ascophyllum nodosum car celle-ci est la cible de ses attaques. Il s'agit de Polysiphonia lanosa. Une algue rouge (Rhodophycée) épiphyte. 

 

 

Milieu de l'estran : BMME – Mi-marée

 

Ici, point de parasites mais plutôt une imposante barriere de Fucus serratus (le fameux Varech denté) très facilement reconnaisable.

On trouve également des Chondrus crispus et de la Palmaria palmata, toutes deux algues rouges.

 


Certains Chondrus crispus peuvent se retrouver très bas dans l'estran : ce sont des vaillants mais ils seront toujours en mode abrité. Si vous repérez des reflets bleutés dans l'eau, vous avez identifié le gamétophyte. Chondrus crispus peut-être facilement confondue avec Mastocarpus stellatus, sauf si celle-ci arbore son thalle de type "mazout échoué". Ces deux algues sont d'ailleurs souvent associées.

 

 

Les algues vertes "pullulent" ici : Enteromorpha compressa (la moche) et Ulva lactuca honteusement nomée « Laitue de mer ».

On peut aussi marcher sur du sable meuble mais moins que celui autour. Grande découverte : vous marchez sur Rhodothammiella Floridula.

Plus rare : Sargassum muticum (soit dans les mares ou « rivieres de marées »).

 

Bas de l'estran : BMVE – BMME

 

Dans le bas de l'estran, de grandes algues, longues et filiformes narguent les pauvres derniers fucus. On trouve Himanthalia elongata ou « Haricot de mer » (rires dans l'assistance) comestible et plutôt bon !

 


En fait Himanthalia elongata fait la maline avec ses grandes lanières mais ceci ne forme que la partie fertile de la plante. Si on regarde de plus près, vers la base, on trouve le disque de la plante. Celui-ci est tout à fait ridicule et pourtant il forme la partie végétative de la plante (rires dans l'assistance).

Himanthalia part bouder.

 

On peut ensuite tomber sur la Laminaria saccharina. Une algue brune lancéolée et gauffrée. Inutile de vous dire qu'elle est à croquer.

 

Sous l'estran : Aprés BMVE (zone infralittorale)

 

Sous l'estran, c'est le domaines des laminaires.

Laminaria hyperborea, Laminaria digitata, Saccorhiza polyschides (laminaire bulbeuse),...

Pas la peine de vous faire un dessin : un crampon bien accrochée au substrat, un stipe plus ou moins long (où l'on peut trouver des algues épiphytes) et de grandes lames dichotomes, solitaires ou digitées partant toutes de la zone méristémale située juste aprés le stipe.

 

 

On peut également tomber sur Laurencia pinnatifida.

C'est une petite algue mais qui pue ! D'ailleurs on la trouve souvent isolée... ou accrochée sur de pauvres pathelles.

 

Remarque : Mais au fait, ca veut dire quoi PMVE, PMME, BMVE et BMME ?!

 

Ceci désigne tout simplement les pleines mers de vives eau (PMVE) ou les pleines mers de mortes eau (PMME) ainsi que les basses mers de vives eau (BMVE) et les basses mers de mortes eau (BMME).

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Publié dans sorties

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