La macrofaune de l'estran rocheux

Publié le par Martin

L'année dernière, lors de la même sortie, nous étions en compagnie de Mr. Erwan Ar Gall (Enseignant-chercheur à l'UBO) pour étudier les algues sur l'estran d'Argenton. Cette année aussi me direz-vous, mais là où il y a une différence, c'est que cette fois, il y avait également Mr. Julien Thebault (Enseignant-chercheur à l'UBO aussi).


Pour ne pas faire dans la redondance, je décidais de me joindre au groupe mené par Julien et nous sommes ainsi allés étudier la macrofaune de l'estran.


Là ou l'année dernière on trouvait des lichens, point de macrofaune. Il faut descendre un peu plus bas pour trouver les premiers habitants de notre estran. Dans le haut de la zone médiolittorale se trouve un petit Gastéropode de la famille des Littorines (Littorinidae) : Littorina neritoides. Minuscule, moins de 10mm pour les plus grands mais très résistante face à des conditions difficiles (5% d'immersion par an). D'ailleurs, elle n'est en compétition avec personne, elle est seule dans sa zone. Pour survivre, elle est munie d'un poumon et elle se cache dans les crevasses et les touffes de Lichina sp. Une vraie battante.



Littorina neritoides


Plus on va descendre, plus la diversité va augmenter. C'est l'une des caractéristiques de l'estran rocheux. Les facteurs abiotiques diminuent, favorisant la diversité, mais les facteurs biotiques eux augmentent et la compétition entre espèces se fait plus rude.


Descendons de 3-4 mètres. On commence à voir apparaître, toujours dans la famille des Littorines, Littorina saxatilis. Elle côtoie les premières algues (Pelvetia canaliculata et Fucus spiralis) qu'elle broute au passage d'ailleurs...et oui, toutes les littorines sont des brouteurs herbivores. On la reconnait facilement à sa coque dodue et à sa pointe bien visible. Elle peut-être très abondante.


 

Littorina saxatilis


La diversité augmente d'un cran, on arrive dans la zone à Ascophyllum très dense. Littorina mariae avec son opercule en forme de goutte d'eau et Littorina obtusata viennent encore grossir les rangs des Littorines présentes sur cet estran. Le polymorphisme de couleur de cette espèce est d'ailleurs impressionnant et ce n'est pas la seule sur l'estran à avoir cette particularité. Le fameux Bigorneau (Littorina littorea) est présent et consommable sur place. Heureusement que des Monodonta lineata sont là pour qu'on change de famille. Ce sont des Troques (Trochidae). Les Monodonta lineata ont, comme leur nom l'indique, une dent au niveau de leur bord interne.



Monodonta lineata


Celles que nous avons vues sur l'estran faisaient une taille assez remarquable. Complexe d'infériorité de la famille des Troques favorisant les individus de grande taille ? Simple supputation scientifique.

D'autres Troques sont dans le coin, on trouve Gibbula umbilicalis avec son bel ombilic à rendre jaloux Gibbula pennanti qui lui à son ombilic biaisé.



Gibbula umbilicalis


On retrouve ici d'autres espèces comme des Patelles (Patella sp., c'est plus simple). Les Nasses réticulées (Hinia reticulata) qui percent les coquilles des Bivalves sont présentes comme les Nucelles (Nucella lapillus) qui elles, changent de sexe sous l'effet de la peinture antifouling. On trouve également des anémones qui se referment à l'air libre et s'ouvrent dans les mares : Anemonia viridis (la verte) et Actinia equina (la rouge). Des éponges (sp ?) se protègent sous les algues et les crabes eux, se protègent sous les cailloux. On trouve bien sur Carcinus maenas (Crabe vert), Cancer pagurus (Tourteau) et Necora puber (Etrille). Les trois principaux crabes de l'estran.



Polychètes


La zone à Fucus serratus faisant suite à la zone à Ascophyllum nodosum est autant diversifiée. On retrouve les mêmes espèces mais aussi et toujours des nouvelles comme Calliostoma zyziphinum ou la pyramide de Kheops. On en a trouvé toute une petite famille d'ailleurs :



Calliostoma zyziphinum


Gibbula cineraria se planque sous les algues et les rochers et est facilement reconnaissable avec sa robe cendrée.


Sous les rochers se cachent également des Ophiures (Ophiothrix fragilis), des Galathea sp., des Botrylles (Botryllus sp.), d'autres Ascidies (Ascidiacea), des étoiles de mer (Asterina gibbosa), des Ratons-laveurs, des Comatules (Antedon bifida), des Nereis (Nereis diversicolor), d'autres polychètes, et tout un tas d'amphipodes. Cherchez l'erreur.



Comatules (Antedon bifida)


Gast ! Ca grouille sur l'estran. Et encore, on n'a pas abordé les algues. Si Cindy a eu la bonté de vous faire un compte-rendu sur le sujet, je vous invite chaudement à aller le lire. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez toujours consulter l'article de l'année dernière ici.

N'oubliez pas aussi l'album photo de la sortie !


PS : J'ai quelque peu oublié de parler des Ciripèdes...enfin les Balanes quoi. On retrouve principalement 2 espèces dans les estrans rocheux : Chthamalus montagui (non il n'y a pas de « h » en trop) que l'on trouve dans les zones supérieures de l'estran modérément exposées si possible et Elminius modestus (le petit modeste ?) en zone plus calme (sous les algues par exemple) et plus bas dans l'estran.

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Publié dans sorties

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C
Cindy n'a pas encore fait son compte-rendu :D<br /> Mais elle fait ça le plus tôt possible bien sur ! (enfin j'espère)
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M
Mince alors, il a trouvé.<br /> Notre Président est décidément bien perspicace.<br /> <br /> :p
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Y
Raton-laveur!
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